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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:48

Beaucoup nous ont dit qu’on était fous. Avant de partir et après la course. Enfin, si on peut appeler ça une course. Disons que c’est plutôt une expédition dans laquelle nous nous sommes engagés avec Pierre. Un aller-retour Millau-Mont Aigoual sans autre balisage que celui du GR 62 et les quelques marques additionnelles que les organisateurs avaient bien voulu tracer. Une base vie que l’on croisera aux 42 et 88ème kilomètres, quelques points d’eau, des points de contrôles, 130 bornes, 2600 de déniv à l’aller et 1400 au retour. Un peu fou ? Sans doute…
 

Toujours est-il que fous ou pas, nous nous mettons en route vers Millau le vendredi 12 mai pour une journée de route. Arrivée au camping, bain de pied dans le Tarn, préparation des sacs et des affaires, repas classique (oui une raclette pour Pierre la veille d’une course c’est classique) et au dodo pas trop tard pour une bonne nuit.

Nuit qui sera momentanément interrompue vers 4h par le bruit assourdissant de la pluie sur le toit du mobil home….ça promet….le déluge continue jusqu’à 9h25, heure à laquelle on se met en route pour le départ et le briefing au Golf Café….un vrai miracle….Vu ce qui nous attend, si en plus on est trempés….
Petit briefing de l’orga, marquage du numéro de l’équipe sur le bras (équipe 67), dernières consignes et nous voilà partis à 10h pétantes sous un ciel qui commence à se lever ! Magnifique !
On a lu le roadbook, on sait que le départ c’est 4km de montée non-stop pour arriver sur le Causse. Ça nous permet de nous chauffer doucement, de faire connaissance avec les autres traileurs, d’échanger quelques impressions, c’est plutôt très bon enfant.
On le savait, les premiers kilomètres sont difficiles, en partie sur les traces des Templiers. Ça monte, ça descend et en plus faut repérer les marques du GR. On est bien, il fait bon, on gère parfaitement la flotte et la bouffe, tous, les signaux sont au vert.

On remarque tout de même quelques pétards qu’on va devoir se taper au retour après plus de 100 bornes dans les jambes….ça va piquer ! Passages à Montméjean, Saint Véran, Longuiers, La Bouteille. Le paysage est à couper le souffle et les hameaux absolument superbes.

On en prend plein les yeux. On passe les points de contrôle et les points d’eau, pas besoin du road book pour le moment, on trace notre route tranquillement vers la base vie au 42ème à Lanuejols. On y arrive vers 18h avec une petite heure de retard sur ce qu’on avait calculé mais on est en pleine forme. La base vie est toute petite, chaleureuse, on échange avec les autres coureurs et les bénévoles qui sont aux petits soins pour nous. 

Après une pause d’une grosse demi-heure, direction le Mont Aigoual pour la fin de la première partie de notre aventure ! Et là ça grimpe d’entrée dans le village puis dans la forêt ! Et ça grimpe longtemps ! On passe ensuite par l’Abime de Bramabiau, Camprieu, la Vallée du Bonheur et boum ça remonte direct super raide à droite ! 
 

On croise des petits ruisseaux apaisants (private joke), on parle tennis de table (ou ping-pong selon le niveau-private joke number 2).On est à peine 10 bornes de l’Aigoual. La nuit commence à tomber, une autre expédition commence….Point de contrôle à la Maison de l’Aigoual et on attaque la Draille qui va nous mener au sommet. Plus que 4 kilomètres ! On sent le vent de plus en plus, la montée est longue, surtout la fin sur le bitume. On manque de se perdre (on en reparle vous en faites pas), heureusement que nos amis Perpignanais nous indiquent le chemin !
L’arrivée au sommet de l’Aigoual se fait à 23h26, on note notre passage, on décline poliment la bière qu’on nous propose tellement il fait froid. 6°C relevés pour un ressenti proche de 0°C !!!! Et pourtant on est couverts mais on se gèle à mort !!!! On croise quand même l’équipe d’Anglais qui monte en t-shirt….sont tarés ces mecs-là !!!!
Allez hop c’est reparti, on amorce le retour et la descente ! 23 bornes à faire avant de se requinquer à la base vie….enfin c’est ce qu’on croyait….fallait bien qu’on arrive à se paumer….persuadés qu’on est sur le bon chemin, on trace jusqu’à la route pour n’y voir aucun balisage….quelle merde…ch’ui plus étanche…Heureusement, un panneau nous indique Lanuejols à 4,5 kilomètres….On va rejoindre par la route. Le moral un peu en berne, toujours frigorifiés (Pierre a sorti la couverture de survie), on raccroche finalement Lanuejols et la base vie vers 5h45. Mais que ce fut long et difficile…
L’accueil qui nous est réservé (bah oui ils attendaient plus que nous !!!) nous fait du bien, tout comme les pâtes, le gruyère, le coca, la fouace. On se retape petit à petit, on se réchauffe, discute avec le autres qui commencent à accuser un peu le coup aussi. Faut dire quand même qu’on est au 88ème et qu’on sort tous d’une nuit difficile…
On repart 1 heure après en compagnie de nos deux Perpignanais, on a repris des forces et du moral. On fait une bonne partie du chemin avec eux, on échange, on se fend même bien la gueule. Ça fait du bien, le temps passe assez vite. On se disait même avec Pierre qu’on serait capables de trottiner s’il n’avait pas ses échauffements aux pieds (mon tour viendra).
On passe tous, les 4 le cap des 100 bornes aux alentours du Hameau de Saint Véran. Ils vont petit à petit nous décrocher. De notre côté, une pause s’impose pour immortaliser par une petite vidéo le passage mythique des 100 kilomètres !

Et pour bien étrenner notre nouveau statut de cent-bornards, on repart direct sur le mauvais chemin !!!! Trop forts les barbus !!! Le détour sera cette fois moins long (un petit kilomètre) et on repère ensuite assez vite notre chemin vers Montméjean et la première grosse coquine du retour qui nous attend….40mn de montée non-stop. Pierre est bien, je commence de mon côté à accuser le coup, même si au final la montée se fait bien. C’est plus dur dans les descentes, j’ai les pieds en feu !!! Et comme par hasard, on se chope une descente interminable avant le dernier point de contrôle. Ici, on nous indique que l’on va être déviés pour pouvoir rentrer dans les temps. On sera 3 équipes dans ce cas. Y’a encore un pétard terrible à se farcir avant ça….je m’en souvenait plus…Pierre galope avec ses bâtons….pour moi, elle se fait au moral.
Le final par la route en compagnie de nos potes de galère est un vrai chemin de croix pour moi…Interminable….puis la descente par le GR….4 bornes….Heureusement que Pierre est là et m’encourage sans cesse….Lui, il est bien. Moi je dois faire pitié aux deux bagnoles qui s’arrêtent et me demandent si je veux qu’ils me descendent jusqu’en bas…..Non môssieur, je veux être finisher !!!! 
Le dernier kilomètre se fera en compagnie d’une traileuse qui a couru le matin et de son papa. Ils vont au Golf Café, lieu de l’arrivée. Ils sont trop gentils, nous encouragent (surtout moi grrrrr), nous félicitent.
Le chemin de cailloux se termine. Nos pieds foulent de nouveau le bitume. 300 mètres, on tourne à droite et ce sera la dernière ligne droite. 
La seule chose qu’on ne vous racontera pas, c’est ce qui s’est passé avec Pierre sur ces 300 mètres ou on était seuls au monde. Enfin encore plus seuls au monde que sur les 129,7 kilomètres précédents.
Le Golf Café se profile. On est les derniers et accueillis comme tels. On monte même sur l’estrade devant tout le monde. On en avait certainement pas envie ni l’un ni l’autre mais l’accueil de tous nous y oblige un peu. On récupère notre sweat, notre cailloux, notre sac (non sans avoir bu une bière offerte par la traileuse du matin !) et on retourne tant bien que mal au mobil home. Il est temps de célébrer notre exploit entre nous en sirotant une bonne bière. Et en découvrant les posts et sms de tous ceux qui nous ont suivis et encouragés. Ça donne encore une autre dimension à notre périple.

 

Plus qu’un périple ce fut une véritable aventure humaine. Avec les bénévoles, les coureurs, tous les gens que l’on a croisés, ceux qui nous encouragés et suivis tout le week-end. 
Une aventure humaine entre coéquipiers de l’équipe 67. Certainement pas l’équipe la plus forte, la plus expérimentée ou la mieux préparée. Juste deux amis qui savaient qu’ils iraient au bout. Chacun pour soi mais surtout pour l’autre.
Essayer de vous décrire ce que l’on a vécu et ressenti est quasi impossible. Ce serait mal le faire. Alors on va le garder un peu égoïstement pour nous.

Merci à tous d’avoir été là.
 

C’était juste MAGIQUE.

                                             Romuald

                                                                            

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