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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 09:26

Retour à l'épisode précédent : Comment peut-on aimer le cross ?

 

Attirés par la Passerelle (ep.2)

 

Un jour où Mado soulageait un curé égaré, de tous les péchés auxquels il avait rêvé sans jamais pouvoir y goûter, elle apprit de sa bouche qu’un ex-collègue à lui organisait en Normandie une épreuve d’un type particulier. Un cross dénommé la passerelle destiné à symboliser le passage du monde obscur à la lumière.

- Vous qui aimez la course mon enfant , car en bon serviteur du seigneur il connaissait le péché mignon de toutes ses ouailles,

- Vous feriez œuvre utile en assistant à cette belle épreuve et en la subventionnant comme je vends mon âme au diable dans le dessin de vous fournir un travail rémunéré.

Amen, car le bougre flirtait volontiers avec la mauvaise foi.

 

 

Que faire avec les enfants au sortir d’un hiver qui n’a duré plus que trop ? Se demandait Mady à haute voix, alors que se profilaient les vacances de printemps.

- Allons en Normandie, lui dit son père, j’ai lu sur le dernier numéro de jogging qu’une épreuve a lieu dans la banlieue de Rouen. Nous filerons ensuite découvrir les falaises d’Étretat.

Et Treu et Ta, à Étretat la la ! S’exclamèrent leurs progénitures.

 

 

Groucho s’affairait assisté de son équipe. Il donnait des ordres pour préparer son épreuve symbole.

- Durcissez le parcours.

- Placez des obstacles.

- Le dépassement mène au salut !

- Facilité est mère d’oisiveté !

Alors qu’il confectionnait une flèche pour baliser le parcours, il vit passer une antilope.

Cette apparition tutoya le mystique .

Mady, enveloppée d’une combinaison de course blanche qui moulait ses formes parfaites, lui parut personnifier la Madone du jogging.

Un véritable incendie enflamma son âme !

Il entendit son ange pompier lui chanter :

Qu’est-c’qu’on a fait des tuyaux ?

Des lances et d’la grande échelle

Qu’est-ce qu’on a fait des tuyaux ?

Et conclut en pensant à cette vision idyllique :

Pas d’panique il me la faut !

Il évoquait ici Mady et Groucho se promit qu’elle signerait au club.

 

29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 16:23

Préambule:

Avec la venue du challenge le deuxième volet des Contes à dormir coureur après "Le marathon" aura pour thème "Le cross".

Ce volet apparaîtra sous forme de 4 épisodes 

Le cross

(où tout ce que l'on ne vous a pas dit sur le RCS et ses organisations)

Comment peut-on aimer le cross ?  (ép.1)

Mado était accro au cross. Elle kiffait ça.

C’était son truc, sa drogue, son gardénal comme aurait chanté un Lama à Pigalle.

Pourtant elle ne pratiquait pas la course à pied bien qu‘elle se servit fréquemment de ses petons.

D’une certaine manière, si l’on regarde la vie d’un point de vue optimiste, c’est après elle que l‘on courait. Elle plaisait.

C’est la raison pour laquelle quand elle y faisait un tour, au cross, elle revêtait ses plus beaux atours. Pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable ? Mais attention, le travail ne commençait jamais avant le dénouement de la course.

Elle avait découvert cette discipline à Boulogne, au bois, entre deux Brésiliennes, lors de la dernière édition du cross du Figaro en l‘an 2000.

Tous les dimanches matin depuis l’interruption de cette course fameuse, elle prenait son auto et écumait la région parisienne pour assister aux épreuves de ce type.

Elle appartenait à la cohorte des fidèles du cross des Mureaux et ne ratait pas une édition de l’épreuve de l’US Métro.

De grande taille et perchée sur de hauts talons, jamais une tête, malencontreusement mal placée, ne la gênait pour profiter du spectacle de choix fourni par l’effort des concurrents.

Elle jouissait (sans simulation) à la vue d’un mollet racé, d’une cuisse vigoureuse, d’une foulée harmonieuse. Un finish au corps à corps pour franchir la ligne d’arrivée en tête la mettait en transe.

 

 

Mady adorait que ses pointes crissent.

Sur du tartan, des feuilles mortes ou quelques cailloux éparses, elle attendait que les sons de ces contacts la prissent.

Le cross la transcendait d’autant plus qu’outre le cri de ses pointes, elle y retrouvait la forêt.

Dans ce cadre naturel on la découvrait épanouie. Ça n’était pas toujours le cas dans son quotidien.

Elle avait tôt suivi son père dans les labours normands où il concourait. Le mauvais temps hivernal, la boue ne l’effrayaient pas. Elle s’y était habituée.

- Dans la nature, Mady sourit. Se plaisait à dire son géniteur à ceux qu’ils croisaient et voulaient bien l‘écouter.

Durant ses toutes jeunes années elle avait d’abord trottiné sans relâche dans les pas de son papa de-ci de-là, cahin-caha, bottines aux pieds, protégée par un ciré aussi rouge que ses joues, puis elle l’avait suivi sur les courses.

Désormais, les rôles étaient inversés. C’est le paternel qui se trouvait être le plus assidu de ses fans. Il déambulait sans déambulateur dans les sous bois mais affublé à chaque main de deux petits gaillards qu’il appelait les mady’sons en regard de l’origine anglo saxonne de leur père parti depuis aux États Unis pour y croquer une jolie apple. Sacrée pomme de dépit pour sa fille.

Avec l’apple way of life de son ex, Mady n’était pas prête de délaisser les sous bois pour le marathon de New York.

Elle courait plutôt bien. Construisait sa course comme une poésie, en vers et contre tous. Son cœur battait en pieds jusqu’à la rime finale. Elle respirait en alexandrins toutes les douze foulées et cela lui réussissait car elle n’était jamais essoufflée. Ah mes amis, Quel lyrisme dans ses envolées !

 

 

Dans La ville de Grand Ceinture, tout le monde connaissait le révérend père Pasquet.

Un homme actif qui œuvrait au moyen du sport à la réinsertion des personnes en difficulté.

Toutefois bien qu’on le nommât encore ainsi, il avait quitté les ordres.

Il gardait pourtant foi en l’homme.

Pour réaliser son projet il avait intégré le club d’athlétisme de la ville et réapprenait l’effort à des gens qui en avaient perdu le goût en se perdant eux-mêmes.

Il possédait l’énergie d’un prêtre-ouvrier, savait suggérer, remettre en confiance, secouer et même haranguer et bien que ça n’ait rien à voir, se rendait tous les ans à la fête du hareng de Fécamp.

De réinsertions réussies en harengs dégustés, il eut l’idée un jour de créer un challenge de cross pour que les efforts de ses réinsérés revêtent un sens concret qui durât.

Il le baptisa le Challenge inter cross de la Seine et dans la foulée, si je puis dire, changea le nom de son club en RCS : Réinsertion Cross Sauvegarde et s’appliqua à ce que chaque membre s’évertue à gagner le challenge.

Avec ce but suprême, son entreprise fonctionnait. Occupés à courir pour le club, les âmes en peine ne pensaient plus que réussite et foulée positive. Foin du bourdon et de la dévalorisation, ils se reconstruisaient à la force du mollet.

Bien sûr, ce pari ne se tenait point sans peine. Comme l’avait promis celui que l’on avait surnommé Groucho rapport à sa paire de lunettes, ses bacchantes et sa coiffure, Il y eut du sang (quelques chutes sans gravité) de la sueur (des tonnes) et des larmes (de crocodile, lointain cousin du hareng puisqu‘il vit dans l‘eau).

Fort de sa réussite, Groucho coulait des jours heureux mais un regret le taraudait.

Ses ouailles n’avaient jamais gagné le challenge.

 

18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 10:03

Le Marathon


Ça fait un moment que j’ les suis.
Curieusement, je n’suis toujours pas cuit !
Le cinquième, c’était pourtant mon cimetière.

Ils sont grands, la foulée altière.
Ils filent comme au sortir d’un karcher.
Ils ont nettoyé tout le groupe.
Tout ça pour s’arracher une coupe ! 
Pas un poil de graisse sous leur peau lisse
Qu’ils
 ont rasée pour mieux pénétrer l’atmosphère. 
L’enjambée façon bottes de sept lieux, 
Les coureurs des merveilles sont en lisse.
Leur coach doit s’appeler Alice. 
Le bitume est leur terrain de jeu.

Pourtant, le conte de fée a l’air de tourner en faveur de ma pomme.
J’ suis encore avec eux.
Ce drôle d’air qui me trotte dans la tête, rythme mes foulées sur celles de ces bonshommes.
Nice air, Nike air. 
Tu vas voir que ce tube à chaussures va me permettre de gagner,
De me faire croire que je cours comme une gazelle,
Me figurer que je suis muni d’ailes.
Le pied! Tiens oui, mes pieds… 
D’habitude ils me font mal.
Il y a quelque chose d’anormal!
De quelles baskets les ai-je chaussés?
Fichtre, ce sont mes tatanes trouées.
Je suis sur la voie d’une performance de taré, 
Malgré des godasses de pourrave !

Et mon souffle qui n‘est plus une entrave !
Oh Temps ! suspends ton vol,
Il doit y avoir un bémol !
Donne raison à Lamartine,
Qu’à ce succès je m’acoquine.

Pourtant, je vous jure que j’n’en ai pas pris.
La dope c’est pas dans ma philosophie.
Mon EPO ce serait plutôt les mots.
Mes pulsations dépendent de leur tempo.
 
Déjà le dixième kilomètre, d’ordinaire, 
J’évolue bien loin derrière.
J’entame ma course buissonnière,
J'y laisse mon ambition au vestiaire.

Tiens, la voisine avec son jules,
J’adore leur regard incrédule !
Non mais je rêve, je n’en crois pas ma foulée,
Elle m’annonce que l’éthiopien vient de craquer.
Il se plaindrait d’un point de côté !
 
Au quinzième il s’attaque plutôt à mézigue.
Ce n’est pas sur les hauts plateaux que j’navigue.
Pour cette fois, ça n’arrive qu’aux autres
Et moi je me mets à courir sur les plots.
Eh! Oh! regardez-moi ! je suis le bon apôtre ! 
Calme-toi.
La victoire ne te tend pas les bras.
Sache que les deux qui t’accompagnent n’ont pas dit leur dernier mot.
J’ai peur qu’au semi, ils ne tirent leur révérence,
Qu’ils me sèment en soulevant leur chapeau.
Va savoir quelle tactique ils manigancent ?
Eux Tarzan, moi Chita, la liane va me revenir en boomerang.
Il m’impressionne autant que faire ce gang.
 
Le vingtième vient d’être passé,
Capone et Bonnot n’ont pas encore tiré.
 
Au vingt-cinquième, je crois halluciner,
Le lapin d’Alice vient nous ravitailler.
Quelle organisation ce team des merveilles!

Moi , ma môme elle se prénomme Juliette.
Elle hait voir les hommes en survêt.
J’peux pas compter sur ses bouteilles
Pour
 abreuver la moindre pépie.
Elle préfère danser au palace.
Elle prétend que c’est plus joli
Que ces routes pleines de populace.

Bon j’la laisse car nous voyons se profiler 
Le fameux mur du trentième.
Du genre rugissant qui écrème.
Je me porte encore comme un charme.
Je souris même à un gendarme 
Qui joue du bâton au carrefour
Et me répond par un bonjour.

Je jette un coup d’œil en arrière,
J’aperçois le soviétique qui tique
Et le kényan qui se répand.
Il va falloir que j’accélère en prenant la prochaine artère.
ça sèmera une bonne panique, je deviens l’roi de la tactique !
Me v’là parti comme un pur sang !

Plus d’étalon sur mes talons.
Achille et moi tels deux copains, on vient de se serrer la main.
 
Je passe seul au quarantième.
Je goûte au bonheur extrême.
Je progresse vers mon septième ciel !
Je suis heureux comme un gamin. 
Je tape dans toutes les mains tendues, 
On m’acclame dans chaque rue.
De la gloire je savoure le miel.
 
A l’arrivée, je suis happé,
On me touche, on m’interroge,
Matez l’empereur avec sa toge.
Vers le contrôle je suis entraîné.
L’antidopage ? une simple formalité !
 
J’y vois Juliette, que fait-elle ici ?
 
- Tu viens d’asperger tout le lit !
Gros saligot t’aurais pu te lever ! 
Et si je n’avais été réveillée,
Tu m’inondais comme du persil !
 
Certains matins, on sort du lit morose,
On court parfois comme on s'arrose.....

Contes à dormir coureur : Le Marathon

Jean François JOLY

Présentation

  • : Running Club Stéphanais 76
  • : Association loi 1901 . Club de course à pieds ouvert aux adultes hommes et femmes . Entrainements hebdomadaires en forêt du Madrillet . Courses sur routes . Club engagé dans le "Challenge Inter Cross de la Seine" . Groupe pratiquant la marche "rapide".
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