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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:12

En ces temps ingrats où le club peine à rassembler un nombre motivant de coureurs pour la demi-heure sur piste, nous étions 4 sociétaires du RCS à nous confronter à l'édition 2016 du Marathon Seine-Eure.  

Et encore, il fallait déplorer l'absence de dernière minute de Bruno L'HUILLIER, qu'une douleur tenace a empêché d'assurer sa participation ; lui, l'homme qui murmure à l'oreille des 100 km, c'est un comble ! Mais nous avons quand même eu le plaisir de le voir (sans doute courageusement ronger son frein) nous encourager sur le parcours puis à l'arrivée. Et une pensée pour Michou LECOEUR, qu'une sciatique coriace a détourné de son objectif de mettre à profit sa condition de jeune retraité pour exploser les records après une prépa de compétition pourtant bien entamée. On compte sur toi pour l'an prochain !

Il faut ajouter Jean-Yves LEROY, qui caméra au poing nous a immortalisés plusieurs fois sur le parcours, Laurent DESANGLOIS, entrevu à l'arrivée, et Patricia LESUEUR qui, fine mouche, savait sans doute qu'en se plaçant au bord du 37ème km elle profiterait un peu sadiquement du spectacle des coureurs déjà bien entamés, la langue pendante, voire cramoisis ; ou même pire,  transformés en marcheurs boiteux.

(J'ai aussi cru apercevoir Claude Douville sur la première partie du parcours mais je ne suis pas sûr de moi).  

Ces défections un peu tristes ne nous ont pas empêché de nous retrouver donc à 4 au village Départ. Nous, c'est-à-dire :

-       Ma Christine DREAN, qui décide sur les incitations pleines de fourberie de son Philou de se rétablir de sa déchirure estivale au mollet (vacances un peu gâchées mais bon, on fait avec…) en prenant en route les 6 dernières semaines d'une prépa marathon et de se lancer (enfin, en s'inscrivant au dernier moment quand même… J'y vais, j'y vais pas ? Non. Si,.. Pas possible, c'est pas raisonnable. Oh, et puis oui, c'est décidé, je me jette à l'eau !) dans son premier marathon ; sans doute un peu aussi pour faire sa fière au prochain marathon de Paris où elle espère alors laisser à Mehdi l'exclusivité du rôle de candidat au déflorage sur la distance "reine".

-     William MOHAMED, qui profitera de l'occasion pour se découvrir un passé professionnel furtivement commun avec le papa de Christine.

-      François PEREZ, qui après ses péripéties sur le Marathon de la Liberté à Caen, nous rassure tout de suite : Non, il n'a pas oublié ses chaussures ni ses chaussettes de course !

-       Et donc moi-même qui espère venir à bout de mon 7ème marathon (l'âge (ou plutôt le nombre) de raison ? J'ai peur qu'il en faille un peu plus que ça en ce qui me concerne, malheureusement. Quand on a un côté Bob l'Eponge un peu affirmé, la maturité peut être tardive …voire hypothétique…).

 

Puisqu'on parle de l'ami Bob, pour les heureux élus qui ont suivi les 10 km de Rouen, voire parcouru l'édition Seino-Marine de Paris-Normandie, voire même, tels l'aigle au regard perçant, su capter les 2 passages furtifs que 2 bestioles jaunes ont effectué devant les caméras de La Chaine Normande à l'arrivée (et encore, il s'en est fallu de 5' pour que nous ayons les honneurs du plateau et d'une interview en bonne et due forme par le journaliste sportif star de la chaîne locale. Tant pis, ça sera pour une prochaine fois), pour ces élus écrivais-je, le costume jaune reprend du service. Mais, courageux mais pas téméraire, et ayant quand même des ambitions de chrono, je délaisse la version "poisson pané de la cantine, carré avec les yeux dans les coins", avec un Cx d'armoire normande ou de vieux break Volvo, et reprends à Christine (alors un peu déçue) mon cher modèle "profilé-aérodynamico-près du corps" qui m'avait déjà fidèlement accompagné l'année précédente.  

Je fais des infidélités répétées au maillot du club, j'espère que notre président et les préposés au décryptage de planches de photos Normandie Course à pied et CB2000 ne m'en voudront pas. J'ai bien cherché sur le formulaire de commande de tenues transmis par Nicolas, je n'ai pas trouvé dans le tableau, si une ligne me permettait de commander une tenue de Peter Pan ou de Télétubbies je serais preneur.  

Christine, elle, me verrai plutôt en Schwarzy ou en Jason Statham (les amateurs de cinéma d'Art et d'Essai savent de qui il s'agit…), ou en John Cena (ça c'est plus pour ceux qui sont familiers des acrobaties de catcheurs musculeux du côté de chez Raw et Smackdown), mais je crains que 50 kilos de barbaque supplémentaire localisés sur le haut du corps (ou leur équivalent en latex) mais en s'arrêtant juste là où la boite crânienne commence (oui, je sais, c'est méchant, et facile, et même sans doute pas si vrai que ça) nuise à ma vitesse de course.  

Après les questions d'équipement, parlons un peu de la préparation mentale. Toute à la découverte des joies des grosses échéances impressionnantes, Christine aura expérimenté les 3 dernières nuits une pratique toute personnelle que d'aucuns connaissent sous le terme de "technique de la nuit blanche", et ceci et de façon crescendo puisque toute la nuit précédant la course aura été consacrée à la mise en application parfaite du concept.  

Il est vrai que après avoir tâté de la gentillette garderie du dimanche matin avec le challenge des Cross, puis intégré la petite section sur 10 km et redoublé plusieurs fois la moyenne section sur des semis-marathons, Christine a l'impression de se retrouver face à l'énoooooorme portail d'entrée de la Grande Section ; et Dieu sait si c'est un domaine qu'elle connaît. Alors elle aura passé la nuit à tester une méthode étrange qui consiste à essayer de dormir les yeux grands ouverts, à imaginer tout ce qui pourra mal se passer le moment venu, tous ces gens qui auront les yeux rivés sur elle, sa course, sa vitesse et sa foulée (alors que, sans vouloir être désobligeant le moins du monde, les pérégrinations d'une anonyme pas trop People du peloton c'est tout de même moins glamour, rameuteur ou vendeur qu'un épisode de la célèbre saga "le dernier hold-up de l'incroyable famille Kardashian").

Ou encore envisager le pire, que sa première tentative sur 42km se soldera par un chemin de croix. Qu'elle se fera bloquer dès le semi pour cause d'allure trop lente. Ou que des maçons malicieux auront rajouté rien que pour elle une ou plusieurs rangées de parpaing en haut du célèbre mur du 30ème. Enfin bref, pour faire un comparatif avec la téléportation temporelle des Visiteurs, que sa course se rapprochera d'avantage du "splotch" infâme de la bouse de Jacquouille s'écrasant au sol que de l'étincelant chevalier tout en diamant de Godefroy de Montmirail.

Et encore, elle ne m'a sûrement pas tout dit… C'est Christine, je l'aime comme ça, mais je l'aime aussi (ou même plus ?...) quand elle psychote moins et qu'elle a confiance en elle. ;-)  

La course n'a pas encore commencé, nous sommes toujours au village. Bon, pour ceux qui connaissent, un village départ c'est un village départ, avec son ambiance passionnée, qui monte alors que l'heure du départ approche. Mais avec une petite originalité, un joli véhicule Citroën rouge de l'organisation, une sorte de Méhari revival électrique, qui fait tellement peu de bruit (sur une échelle qui va de 0 (un duo Etienne Daho – Carla Bruni a capella) à 10 (un Michou en fin de séance de fractionné…), elle doit se situer à 0.0000-quelque chose…) que se faufiler parmi les coureurs qui sont pourtant à 30 cm d'elle est un vrai problème pour le conducteur. Un peu dangereux, c'est un coup à se retrouver avec un pied ou un genou embouti sans crier gare, et là, la réparation est un peu plus compliquée qu'un coup de maillet pour redresser la tôle froissée et un voile de peinture chez le carrossier.

 Et puis aussi, le village départ ici c'est un vrai village, Amfreville, un peu perdu au fond de la vallée de l'Iton. La preuve, ici on ne croise pas l'attirail malheureusement courant de nos jours des militaires ou CRS avec Famas en bandoulière (en ces temps troublés où les interdictions préfectorales bien pensantes font le malheur des passionnés autant que des organisateurs d'évènements et de rassemblements publics), mais simplement la Police Rurale dans sa fourgonnette blanche même pas blindée. Ça fait du bien de voir que la course n'a pas été remise en question et que nous pourrons être plus de 2000 à gambader en toute innocence sur la voie publique sans consignes à appliquer en cas de situation cataclysmique ni imaginer le pire ou être bridés dans la pratique de notre passion.  

Enfin moi je trouve ça très bien.

Maintenant que l'ambiance est posée, on en vient à la course ?

Pour les habitués, pas grand-chose à raconter, une certaine sagesse tout d'abord (le privilège de l'âge, quinqa un jour quinqa toujours…) à rester sur un tempo raisonnable (3h35 dans un coin de la tête, malgré une prépa théorique à 3h30, courir à moins de 5'/km me parait suicidaire), en rongeant mon frein, mais j'ai bien fait. Même si les jambes se feront sentir avant les 30 km, rien de bien grave, et aux alentours des 34-36 km on peut décider d'accélérer progressivement à l'heure où la tendance générale du peloton est à ralentir, donc je savoure la satisfaction de dépasser de plus en plus de monde, et finir pour la première fois un marathon en donnant tout (le contraire de Séville où le mur espagnol du 36ème km avait été monté dans les règles de l'art par un ouvrier local manifestement compétent). Et même finir pour la première fois en "negative split" (yes, Sponge Bob s'pique fluently angliche…). Vraiment de peu, il faut une loupe pour le voir, mais 10 secondes plus vite sur le second semi, c'est 10 secondes ! Une goutte d'eau dans le verre à moitié plein que mon caractère optimiste (mais pas que, mais ça on n'en parle pas…) ne manque pas de voir dès qu'il peut. :-)  

Ah si, quand même, toujours le même plaisir de voir les réactions des p'tits n'enfants au bord du parcours au passage de l'hurluberlu en jaune, et aussi les échanges super sympa avec les gars joyeux comme tout dans leur fauteuil roulant (le privilège de courir sur un rythme un peu plus rapide que les autres années, et donc de me retrouver parmi eux alors que jusqu'alors je restais loin derrière), et pouvoir les chambrer un peu à coup de blagues Carambar ("t'es trop fort toi, t'arrives à courir les mains dans les poches !" ).  

Et puis une fois passé la ligne d'arrivée, non sans avoir tapé avec plaisir (et le peu d'énergie qui me restait en plein sprint) dans la main du speaker à chapeau, l'heureuse surprise de voir arriver pas tant de minutes que ça plus tard une Christine en pleine forme au bout de l'avenue de la Gare, en avance sur son tableau de marche, en train de rassembler , haranguer et motiver (en bonne maîtresse d'école habituée à tenir ses ouailles) à ne rien lâcher pour les 800 derniers mètres un petit groupe de 3 coureurs (une toute petite classe…) avec qui elle a sympathisé dès les premiers kilomètres et avec qui elle aura fait toute la course, les bons moments comme les plus difficiles, toujours ensemble et toujours au même rythme commun.  

Elle arrivera quelques secondes après le meneur d'allure des 4h15, mais pas d'enthousiasme excessif, c'est ce dernier (un Philippe aussi, mais des mauvais jours…) qui a manifestement eu un coup de moins bien et n'a pas réussi à tenir la cadence prévue ; je l'ai vu passer la ligne au bord du malaise, dans un temps de plus de 4h20, et se faire supporter par 2 officiels jusqu'à une chaise pour lui éviter de finir en vrac au sol. Dur la vie de meneur d'allure !  

Christine me (et à vous aussi sans doute) racontera que sa course a été un enchantement, mené à un rythme constant tout du long, sans se heurter à un prétendu mur, ni connaître aucune des joies classiques des crampes, ampoules, passage en mode marcheur voire être obligé de s'arrêter pour s'étirer. Et la satisfaction de n'avoir pas vu le temps passer, à papoter en bonne compagnie avec des camarades de "galère" devenus familiers le temps d'une course.  

Et toute la course le sourire aux lèvres. En  bonne motarde qu'elle est, heureusement qu'elle ne court pas plus souvent aux fortes chaleurs estivales, on reconnaîtrait au premier coup d'œil la runneuse heureuse …aux moucherons collés à ses dents ! ;-)  

Un seul petit bémol, tout à la fin. La ville de Val-de-Reuil offre le traditionnel maillot de finisher, d'un beau jaune pétant à la "Brice de Nice". Mais à l'arrivée de Christine, il ne restait plus que des taille S. Et moi, dans l'euphorie de la fin des efforts (on va appeler ça comme ça…), je n'ai pas pensé à remarquer que personne ne me donnait mon dû. Du coup, j'ai eu moi aussi droit plus tard à mon maillot moulant taille mannequin.

Bon, je ne vais pas me plaindre, en 2009 le seul maillot disponible était en XS, un peu tendre pour un bébé de 82 kg. Alors une taille de plus pour une grosse poignée de kilos en moins 7 ans plus tard, c'est toujours ça de gagné mais ça reste impossible à enfiler ! Je me projette déjà en 2023 où je flotterai dans mon maillot de finisher taille M… :-)  

Pour finir, quelques chiffres. Christine a brillamment étrenné son palmarès par un joli temps de 4h23'34", alors qu'elle tablait sur 4h30 au départ. De mon côté, record battu, en 3h38'20", soit 12' de mieux qu'à Séville. Un peu au-dessus de mon objectif de 3h35, et quelques hectomètres derrière l'ami François, qui me devance de 2' au chrono (mais aussi et surtout de 16 ans au calendrier, donc chapeau bas !). Et William encore plus loin devant, en moins de 3h30.  

Maintenant c'est la récup' et le repos qui nous attend (avant Marseille-Cassis) , avec pour une fois tellement peu de douleurs et de courbatures que c'en serait presque décevant (Christine pourrait même penser que j'avais noirci le tableau en la préparant au pire), et que nous n'aurons finalement même pas à mentir pour rassurer Mehdi sur ce qui l'attend pour notre rendez-vous à trois déjà programmé de Paris 2017.  

Et même si Le Vaudreuil est une destination qui ferait moins rêver que Séville (par exemple), ça restera une super journée, une course plaisir bien loin de sa réputation de parcours monotone et interminable ; en espérant donner pourquoi pas à certains l'envie de passer en classe supérieure !  

                                                          Philippe  

Les aventures de Christine la chef de bande et de SpeedyGonzaBob au Seine-Eure.
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Publié par Philippe DAVID - dans L'info du mois

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